En route vers Sedona (KSEZ)

By | 2019-04-27

Il n’est jamais trop tard pour apprendre et confirmer avec modestie que l’on peut toujours prendre de l’aide peu importe d’où elle vient.

Nous ne sommes pas seuls. Je suis certain que j’ai dû entendre cette boutade dans un film de science-fiction.

Une drôle d’histoire s’est enfilée en route vers Sedona en Arizona (KSEZ) la semaine dernière. Nous étions bien établis en croisière à 10500 pieds à l’ouest de l’Iowa. La journée précédente, nous avions dû travailler assez fort pour traverser un front froid plutôt imposant sur sa longueur nord-sud. Ce dernier s’apprêtait à venir larguer, une autre charge de précipitations sur notre triste Montréal. Il était temps de sauter dans le PA-30 et de lui payer un bon rodage suite à la remise à neuf du moteur droit.

Sur passablement tous mes vols VFR, je contacte toujours l’ATC pour demander un suivi. l’excellent service est un atout, un boni supplémentaire si on peut dire. Le printemps dernier, aux alentours de Norfolk en Virginie dans de l’espace aérien de classe C, le contrôleur nous a lancé un guidage radar immédiat de 90˚ à gauche pour éviter un trafic en montée non annoncé.

Il faut se souvenir que ce service entre vols VFR n’est offert que si la charge de travail des contrôleurs leur permet. Il n’existe aucune nécessité d’offrir la séparation. Vu et être vu reste toujours une priorité : gardez la tête sortie !

Ceci dit, j’offre un service de formation personnalisé et gratuit en matière de détection de trafic aérien à ma passagère préférée. Deux paires d’yeux seront toujours meilleurs qu’une seule.

J’adhère aussi à la technologie. La technologie propulse les capacités humaines à des niveaux stratosphériques. C’est pourquoi l’ADS-B a été installé dans le PA-30. Bien entendu dans 7 mois il sera obligatoire d’en être équipé au sud du 49e si on espère voler en relative orthodromie. Malgré tout, le service de météo graphique et texte en vol vaut à lui seul son pesant d’or. Dans mon cas, le troisième « système oculaire » offert par la détection de trafic est un bijou !

Alors donc nous voilà donc à 10500 pieds en se mêlant de nos affaires survolant ce qui apparaît comme étant une des plus grandes plaines sans détails géographiques à l’exclusion de l’arctique canadien en hiver. C’est à ce moment que l’alerte trafic retenti dans le David Clark :  « Trafic 1 heure, haut » ! Purée, il y en a un qui rentre à 10800 pieds, oui et en pallier à 10800 pieds par-dessus tout. Phares alternatifs enclenchés et début de manœuvre évasive initiée. Le contact visuel a confirmé que le trafic changeait de cap à une distance « confortable » d’un mille.

Mais qu’est-ce qu’il pouvait bien foutre à cette altitude non règlementaire ? Le type était dans le champ gauche puisqu’il devait se trouver soit à 9500 ou 11500 pieds. Le contrôleur n’a jamais appelé, probablement occupé sur une autre fréquence.

Plus tard, en se rapprochant des montagnes à l’est d’Alamosa (KALS) sur une route de 240, nous étions en train de fignoler l’installation d’oxygène (Murphy vous rejoint toujours, il est patient) pour la montée requise à 12500’. Pourquoi pas, la misère vous est offerte en bouquet. Simultanément le contrôleur nous appelle en synchronisme avec le système d’alerte de trafic : « Trafic à 10 heures, même altitude et convergeant. Je vous suggère fortement de monter maintenant ». Sacré bon sang ! Un autre pilote dyslexique ? Oui, oui nous sommes montés.

En fin de journée peu importe avec quel effort vous essayez, les yeux ne sont pas parfaits. La question se pose : Combien de trafic j’ai raté au cours des années. Je commence à comprendre. Aucune béatitude dans l’ignorance. Plus je vole, on dirait que plus je suis exposé. ADS-B ? N’importe quand ! Dans mon livre le prix de la sécurité vaut l’investissement. La « machine » venait de se payer en une seule journée.

La traversée du continent en Pa-30
En route vers KSEZ

En passant, si vous vous demandez où aller voler, KSEZ devrait définitivement être sur votre liste.

Chers lecteurs, je tiens beaucoup à votre intérêt dans la langue du grand aviateur Jacques Brel, hélas pour les quelques mois qui se présentent devant moi, j’aurai de nouvelles responsabilités aériennes (bien entendu) à combler et le temps disponible deviendra une denrée rare. Je ne pourrai plus écrire de ce côté du blogue. L’ouvrage de traduction de qualité est exigeant. Toutefois vous pourrez continuer à lire ces lignes du côté international de ce blogue: aviationcommonsense.net

Vos commentaires en français seront toujours acceptés et bien entendu, j’y répondrai.

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2 thoughts on “En route vers Sedona (KSEZ)

  1. Christiane Béland

    La technologie, il faut l’utiliser. Et ce n’est pas une dépense frivole comme vous venez de le constater!
    Il y en a qui dormaient au gaz.

    Reply
    1. admin Post author

      Bonjour Madame Béland, Veuillez accepter le retard dans cette réponse. L’entretien de la partition francophone du site demandait passablement de temps. Je vais m’y appliquer désormais. Vos commentaires sont toujours appréciés.

      Reply

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